~ L'herboristerie domestique revisitée ~

Adopter l’herboristerie de terroir : Zoom sur une pratique locale et écologique

« Se soigner de manière plus naturelle ? Ah mais, trop d’la balle ! Franchement, si je peux te donner un conseil, essaye l’Ashwagandha , la cure de Guarana et l’Harpagophytum, c’est top moumoute ! En plus c’est grave à la mode.

-Ah ouais… Mais j’ai entendu dire que l’Harpagophytum, importé d’Afrique était en voie de disparition…. T’aurais pas plutôt une alternative disons plus… locale et écologique ? »

Avec l’augmentation de la demande en phytothérapie, le marché des plantes médicinales explose. Et de fait, c’est comme pour tout type de consommation : tu es responsable de ce que tu choisis d’acheter et de qui tu souhaites soutenir.

Soit tu choisis de te fournir auprès de grands labos pharmaceutiques, d’acheter des plantes en gélules sans aucune garantie de traçabilité, parfois produites en quantité industrielle, parfois en provenance de l’autre bout du monde, parfois issues de régions dont les ressources sont pillées par la cueillette…

Soit, tu peux choisir de te soigner de manière plus naturelle, mais aussi de manière plus écologique et locale, avec des plantes bien de chez toi, produites par des producteurs locaux en  bio et en circuit court soucieux de respecter la nature.

Le curseur entre les deux est à ajuster, de façon à ce que tu puisses trouver un juste équilibre qui concilie à la fois tes valeurs avec une pratique plus durable de l’herboristerie.

Après tout, se soigner avec les plantes, n’est-ce pas aussi apprendre à renouer avec son corps, avec la plante qui nous guéri et avec la terre qui l’a vu se développer, et ce de manière plus respectueuse ?

Et puis est-ce que tu penses réellement que les anciens paysans s’enquiquinaient à commander des plantes exotiques hors de prix pour soigner les maux du quotidien ? Non.

Ils prenaient ce qu’ils avaient chez eux, dans leur potager ou leur campagne, point à la ligne.

Heureusement, pratiquer l’herboristerie de façon durable, écologique et locale, aujourd’hui c’est encore possible. Voici comment…

Le marché des plantes médicinales : un constat effrayant

Si tu veux apprendre à utiliser les plantes médicinales dans ton quotidien, je ne peux que t’encourager. Par contre, il me paraît difficile de chercher à dissocier santé naturelle et écologie.

C’est mon avis.

Prendre soin de soi grâce à la nature, c’est également se soucier d’elle et de l’impact que notre consommation de plantes et de ressources naturelles aura sur les écosystèmes.

Or, dans l’enthousiasme des débuts, on a tendance à l’oublier : nos chères plantes ont été cultivées et cueillis dans des écosystèmes naturels ou agricoles parfois fragiles.

Sauf que, rien n’est fait pour nous faciliter la tâche. Lorsque tu achètes une plante, ou pire, un mélange de plantes ou un produit transformé, la traçabilité est parfois très obscure voir quasiment absente.

Prends ton flacon de gélules, et trouve le lieu, la date et les conditions de récoltes de ta matière première… Pas facile hein ?

Sans même parler des process de transformation qui là encore, relèvent du mystère…

A titre d’info, retiens ce chiffre : en 2002, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture a publié une étude estimant que plus de 4 000 espèces de plantes médicinales et aromatiques sont menacées dans le monde.

C’était il y a quasi 20 ans… Qu’en est t’il aujourd’hui ?

Pratiquer une herboristerie locale et de terroir

Pratiquer l’herboristerie de terroir, c’est la prise de conscience que nous avons une responsabilité à la fois envers notre propre santé, les plantes que nous utilisons et la protection des écosystèmes naturels au sein desquels elles ont été cultivées ou ramassées.

La durabilité désigne la nécessité de pouvoir assurer la pérennité des générations à venir, à travers la conservation d’un environnement vivable, d’une économie viable et d’une organisation sociale équitable. Il s’agit donc de participer à la fois à la préservation des écosystèmes, des économies locales et des pratiques soucieuses de l’humain et de la terre.

Le “biorégionalisme” ou terroir en français pour sa part, est un concept qui considère le fait que les communautés humaines locales développent et renouent de manière harmonieuse avec l’environnement naturel de leur localité (écosystème local représentatif d’un “terroir”,  reconnaissable aux communautés végétales et animales spécifiques au lieu de vie, souvent défini à l’échelle d’un bassin versant, d’un massif montagneux…) de manière positive et durable.

L’herboriste de terroir cherche ainsi à renouer et à redécouvrir son territoire local (son climat, sa culture, ses pratiques traditionnelles ancestrales, ses écosystèmes, sa végétation, ses plantes médicinales…), et intégrer une approche plus locale dans sa pratique, comme à travers l’ethnobotanique.

Comment pratiquer l’herboristerie de manière plus locale et écologique ?

Comme pour tout engagement, ta manière de pratiquer une herboristerie plus vertueuse va dépendre de tes envies, de ton lieu de vie, de tes possibilités, de ton temps et de ton niveau d’engagement.

L’astuce c’est de ne pas devenir rigide, mais de te laisser de la souplesse, pour à la fois garder du plaisir et modifier tes habitudes progressivement sans te rajouter de la pression ou du stress…

Cela peut notamment être réalisé par différents moyens, comme :

  • Définir dans quel terroir tu vis : son climat, sa topographie, son régime hydrologique, son sol, sa végétation, sa faune…
  • Aller explorer les lieux de nature autour de chez toi, apprendre à reconnaître la faune et la flore de ta région, les plantes médicinales et comestibles, les champignons ;
  • Apprendre à reconnaître et cueillir des plantes sauvages très communes, non menacées et non protégées autour de chez toi au fil des saisons ;
  • Se renseigner sur les connaissances et savoirs traditionnels locaux oubliés en allant interroger des personnes âgées ou fouiller dans des archives ;
  • Cultiver des plantes locales dans ton jardin de plantes médicinales ;
  • Achetez des plantes médicinales locales produites dans ton département ou ta région chez des petits producteurs bio (circuit court) ;
  • Soutenir les paysans et les petits artisans de ton territoire travaillant de manière respectueuse de la terre et de l’Humain ;
  • Pratiquer le locavorisme ;
  • Aller rencontrer tes voisins, les gens de ta ville ou de ton village, t’intégrer dans les réseaux locaux ;
  • Transmettre et partager tes connaissances auprès des habitants de ton territoire, au travers d’ateliers, de conférences, de sorties, pour participer à la survivance de l’herboristerie locale ;
  • Mettre en place des actions pour protéger les écosystèmes et la nature autour de chez toi ;
  • Utiliser les plantes et les huiles essentielles de manière parcimonieuse ;
  • Pratiquer l’herboristerie zéro déchet…

 

Et autant d’autres idées à explorer !

 

Et toi, quelles actions plus durables, locales et écologiques vas-tu ou mets-tu déjà en œuvre pour te soigner avec les plantes médicinales ? Notes tes idées en commentaire !

 

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Références :
Schippmann U. & Leaman D. J. , 2002. Impact of Cultivation and Gathering of Medicinal Plants on Biodiversity: Global Trends and Issues. Published inFAO. 2002. Biodiversity and the Ecosystem Approach in Agriculture, Forestry and Fisheries. Satellite event on the occasion of the Ninth Regular Session of the Commission on Genetic Resources for Food and Agriculture. Rome, 12-13 October 2002. Inter-Departmental WorkingGroup on Biological Diversity for Food and Agriculture. Rome 142-167

 

Comment devenir herboriste professionnel : la liste des métiers

Si tu mûris une idée de reconversion ou de carrière dans le monde des plantes médicinales, sache que ce n’est pas un métier tout à fait classique (enfin, je pense que tu t’en doutes).

En effet, le diplôme officiel d’herboriste ayant été supprimé en 1941 par M. Le Maréchal Pétain, seuls les herboristes ayant passés leur diplôme AVANT cette date ont officiellement encore le droit de pratiquer… Bon autant dire qu’il ne reste plus grand monde…

De plus, il existe un gros flou juridique en ce qui concerne la filière des PPAM (Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales).

En effet, la plupart des plantes médicinales sont réservées au monopole pharmaceutique, et donc à la vente en officine. Le comble, c’est que même des Docteurs en Pharmacie et des Médecins peuvent être poursuivis pour vente et prescriptions de plantes médicinales…

Or, comme Gilles Corjon et Christophe Bernard me l’ont largement rappelé au cours de mon Grand oral de l’ ELPM, nous avons un devoir de transmission de ce savoir et de ce patrimoine traditionnel pour ne plus qu’il soit oublié…

D’autant que, malgré le manque de reconnaissance de ce métier, l’herboristerie et la demande de soins par les plantes aujourd’hui a plus que jamais le vent en poupe.

Heureusement, il existe aujourd’hui de nombreux moyens de réinventer le métier d’herboriste, il suffit pour cela d’être astucieux, et créatif !

Voici une liste, non exhaustive, d’idées de métiers que tu pourrais pratiquer en tant qu’herboriste.

Bien sûr, il en existe encore pleins d’autres !

Les métiers de la formation et de l’animation autour des plantes

  • Professeur herboriste : enseigne des cours dans une école d’herboristerie
  • Formateur herboriste : développe et propose ses propres offres de formations
  • Conférencier herboriste : développe et anime des conférences sur les plantes médicinales
  • Animateur herboriste : organise des stages, des ateliers, des séjours découvertes autour des plantes médicinales

Les métiers de la communication spécialisée

  • Rédacteur web herboriste : écrit des articles référencés pour des entreprises de santé naturelle ou des magazines spécialisés
  • Blogueur herboriste : écrit, développe et anime un blog sur les plantes médicinales et la santé naturelle
  • Community manager herboriste : anime des communautés en ligne et la visibilité des réseaux sociaux pour des entreprises de santé naturelle
  • Infographiste / Photographe / vidéaste herboriste : développe les visuels et images visant à promouvoir des entreprises de santé naturelle (image de marque)

Les métiers de praticiens en médecine alternative et bien être

  • Ostéopathe herboriste : propose des prestations d’ostéopathie accompagné de soins et de conseils avec les plantes
  • Conseiller herboriste en cabinet : Dispense du conseil dédié à l’hygiène de vie, la prévention et le bien être grâce aux plantes médicinales
  • Masseur herboriste : propose des offres de soin de massage à base de plantes et d’huiles essentielles
  • Conseiller aromatologue : Dispense du conseil bien être grâce aux huiles essentielles
  • Naturopathe : Dispense du conseil dédié à l’hygiène de vie, la prévention et le bien être grâce aux médecines douces
  • Sophrologue herboriste : Couple sa pratique de la sophrologie avec l’utilisation de plantes et d’huiles essentielles
  • Energéticien(ne) herboriste : Couple sa pratique de soins énergétiques avec l’utilisation de plantes et d’huiles essentielles
  • Praticien shiatsu herboriste : Couple sa pratique de soins shiatsu avec l’utilisation de plantes et d’huiles essentielles
  • Coach de vie et bien-être : Accompagne et dispense des conseils visant à favoriser le développement et le mieux être de la personne pouvant être couplé à l’usage de plantes médicinales
  • Doula herboriste : Accompagne les femmes enceintes et les périodes de post accouchement, grâce aux plantes médicinales et aux huiles essentielles

Les métiers de l’agriculture et de la production en PPAM

  • Paysan herboriste : Cultive, récolte et transforme les plantes médicinales
  • Cueilleur herboriste : Cueille, sèche et transforme les plantes médicinales
  • Distillateur d’huiles essentielles : Distille les plantes aromatiques dans un alambic pour la production d’huiles essentielles et d’hydrolats
  • Ingénieur agronome spécialisé dans les PPAM : Accompagne les producteurs et les acteurs de la filière PPAM pour favoriser leur développement. Mène des recherches sur la culture des PPAM.

A lire aussi -> L’annuaire des petits producteurs de plantes médicinales

Les métiers de la vente de plantes médicinales

  • Concepteur Tisanier(e) : Formule, conçoit  et développe des mélanges à tisane dédié à la vente
  • Concepteur de produits cosmétiques et bien-être : Formule, conçoit et développe des produits cosmétiques et de bien être à base de plantes
  • Vendeur conseiller en herboristerie (comptoir) : Vend et conseille des plantes, huiles essentielles et autres produits naturels en boutique
  • Vendeur en herboristerie itinérante (marchés) : Vend et conseille des plantes, huiles essentielles et autres produits naturels sur des stands itinérants
  • Vendeur en herboristerie en ligne :Vend et conseille des plantes, huiles essentielles et autres produits naturels sur internet

Les métiers de la santé clinique

  • Préparateur en pharmacie spécialité phytothérapie : Formule et prépare des préparations galéniques phytothérapeutiques
  • Pharmacien phytothérapeute : Conseille et vend des plantes médicinales dans le cadre de soins médicaux
  • Médecin phytothérapeute : Diagnostic, conseille et prescrit des plantes médicinales dans le cadre de soins médicaux
  • Vétérinaire phytothérapeute : Diagnostic, conseille et prescrit des plantes médicinales dans le cadre de soins vétérinaires
  • Kiné phytothérapeute : Accompagne ses soins de plantes et d’huiles essentielles
  • Infirmier(e) phytothérapeute : Accompagne ses soins de conseils sur les plantes et les huiles essentielles

Les métiers de la recherche et de l’expertise

  • Chercheur universitaire en plantes médicinales : Docteur menant des recherches sur la culture et les propriétés médicinales des plantes
  • Expert botaniste : Expert menant des études botaniques pour la conservation et la protection de la flore

Autres idées de métiers

  • Cuisinier herboriste : Cuisinier incluant l’usage de plantes aromatiques, médicinales et sauvages dans ses plats
  • Concepteur paysagiste herboriste : Paysagiste concevant des projets de jardins médicinaux et thérapeutiques à visée sociale, pédagogique et de bien être

 

Globalement, il n’existe donc pas UN métier d’herboriste, mais des myriades ! Et très souvent, les personnes pratiquant l’herboristerie à titre professionnelle couplent plusieurs activités autour des plantes pour pouvoir en vivre.

Mais cela reste tout à fait possible ! Il suffit pour cela d’oser, d’y croire, et de bien se former.

 

Et toi, quel(le) herboriste es-tu ou souhaite – tu devenir ?

N’hésite pas à partage ton expérience ou tes questions en commentaire pour aider les personnes en reconversion ! 😉

 

Plus d'informations sur les filières :
https://www.syndicat-simples.org/
https://www.cueillettes-pro.org/
http://www.ffeh.fr/ecoles-francaises-herboristerie.php
https://www.cpparm.org/
https://www.ppamdefrance.com/
http://www.jeminstallepaysan.org/index.php
https://paysans-herboristes.org/

 

 

Sports d’hiver : les remèdes naturels indispensables à embarquer dans ta trousse de secours

Quand te reverrais-je, pays merveilleuuuuuuuux !

Non l’hiver, ce n’est pas que cette période morne triste et froide où survient rhume, grippes et angines. Mais c’est aussi la saison de la neige, avec son lot de glissades en tous genre, de roulé boulé dans la poudreuse, de scintillements magiques dans les sapins, de l’observation du silence paisible et serein de la montagne endormie, puis des retrouvailles conviviales autour d’un bon feu et d’une bonne plâtrée quasi incontournable de patates fromage (et les kilos qui viennent avec !).

Sans parler des souvenirs mémorables qui restent gravés dans notre mémoire au fur et à mesure que les années passent.

Si tu es un (e) habitué(e) des sports d’hivers, tu sais très certainement de quoi je parle.

Oui mais voilà, qui dit sport d’hiver ne dit pas toujours « absence de bobos », hein. Faire les fous dans la neige parfois ben… ça se paye ^^.

Entre les courbatures, les bleus, les crevasses et autres coups de froid, je te livre clé en main la trousse à pharmacie naturelle qui te sera indispensable aux sports d’hivers, pour passer des vacances sereines.

Mention spécial COVID : même si les remontées mécaniques ne fonctionnent pas cette année, et que tu décides quand même d’aller t’éclater à la luge ou en ski de fond, cet article te sera également fort utile.

Aller, en piste !

Protection et réparation de la peau

La montagne en hiver peut mettre ta peau à rude épreuve.

Entre le froid qui dessèche, déshydrate et brûle l’épiderme et les UV causés par l’albedo de la neige, les gerçures, crevasses, rougeurs et autres coups de soleil sont autant de joyeusetés qui riment avec dénivelé.

Voici une petite routine que tu pourras appliquer chaque jour durant tes vacances pour bien protéger et réparer ta peau face aux rigueurs hivernales.

Protéger sa peau du froid

Le matin, avant de t’exposer au froid, l’idéal est d’appliquer un baume protecteur gras ou une crème grasse de type eau dans l’huile (ou cold-cream) sur ton visage et tes mains. Le gras contenu dans ce type de crème va venir créer un film protecteur contre le gel de l’extérieur, et éviter à l’eau contenue dans ton épiderme de s’évaporer (desséchement), ou pire, de geler (éclatement des cellules).

Protéger sa peau du froid avec du gras, c’est d’ailleurs une technique très bien connue des norvégiens qui autrefois, s’appliquaient de la graisse de phoque sur la peau avant de sortir.

Pourquoi les crèmes classiques sont inefficaces sur la peau en hiver ?

Parce que les crèmes classiques sont majoritairement composées…. D’eau… Du coup, c’est comme si tu t’appliquais de l’eau sur le visage juste avant de sortir par -10 °C. Et rappelle moi ce que ça fait, de l’eau en dessous de 0°C. Exactement, ça gel… Et le gel, ça brûle la peau. Donc, exit ta crème Nivea…

Tu as donc le choix entre plusieurs remèdes maisons :

  • Une huile ou un beurre végétal plutôt gras (c’est-à-dire à pénétration lente) comme l’huile de d’olive, l’huile d’argan, l’huile d’avocat ou l’huile de chanvre. Une noix dans la main, et hop, en piste ! (mais bon, pas facile à trimballer dans ta valise…)
  • Le fameux Cérat de Galien, la première cold cream de l’histoire inventée par Galien durant l’antiquité, très connue en herboristerie traditionnelle ; également très efficace et relativement facile à fabriquer à la maison ;
  • Mon coup de cœur : Un baume solide en barre anti froid bio, zéro déchet, artisanal ou fait maison, pratique à emmener partout, comme par exemple la crème solide de Comme avant, à base d’Huile d’Olive, de de Karité, hyper pratique et très efficace !)

Protéger sa peau des UV

Avant de sortir t’exposer à la bise des montagnes, pense également à protéger ta peau des UV.

Pourquoi ? Car l’altitude, associée à l’albedo de la neige augmentent l’exposition aux UV en mode +++. Il s’agit donc de ne pas être négligeant.

Pour cela, il n’existe pas trente-six mille solutions : pense à la crème solaire indice SPF 50.

Et comme il est difficile de fabriquer de la crème solaire maison (à moins que tu n’ai envie de te barbouiller le visage d’argile), le mieux reste encore de t’orienter vers des crèmes solaires bio et éco-responsables (et pas les crèmes cracra) comme la crème solaire SPF 50 de Amapola bio cosmetics (marque espagnole slow cosmétique) ou encore la crème solaire SPF 50 d’Algamaris bio des Laboratoires de Biarritz.

Réparer sa peau après le ski

Te voilà rentré (e) d’une bonne journée de ski, de raquette ou de luge. Tu es fatigué(e) mais heureux(se) et tu en a bien profité.

Ta peau, soumise au froid, au vent et au UV, même bien protégée a tout de même souffert.

C’est alors qu’une fois au chaud, tu vas pouvoir hydrater correctement ta peau, avec une crème ou un gel à base d’eau très pénétrant pour t’éviter d’avoir une peau de croco qui tiraille.

Plus de risque que l’eau gel et refroidisse ta peau une fois rentré(e) au chalet!

Personnellement, je n’emmène pas dix milles crèmes dans ma valise, mais un seul remède, qui fait des miracles sur ma peau : le Gel d’Aloé vera pur.

L’Aloé vera est un choix excellent, car il transporte l’eau dans l’épiderme asséché et le réhydrate, répare les micros lésions, engelures, inflammations et brûlures dûes au froid, au gel et aux UV, et active la capacité de régénération des cellules de la peau.

Une bonne noix de gel d’Aloé vera une fois la journée finie, et une noix juste avant le couché, et hop, ta peau sera rafraîchie, réhydratée et réparée !

Personnellement, je ne peux plus m’en passer !

Coups de froid

Qui ne s’est jamais chopé un début de rhume ou d’angine aux sports d’hiver ?

On pourrait croire que le froid intense de la montagne tue les virus ! Mais le fait de mal se couvrir, de transpirer associé aux chocs thermiques froids/chauds répétés et hop ! C’est le coup de froid !

Pour les prévenir, je te partage quelques astuces de bon sens : bien se couvrir, en particulier les extrémités et parties sensibles du corps (bonnets, écharpes, gants), ne pas se découvrir lorsque l’on a transpiré notamment dans des endroits froids et venteux (même en haut des pistes !), une fois rentrés, se changer pour mettre des habits secs.

Et une fois que les premiers symptômes arrivent ?

Et bien tu es bon(ne) pour rester bien au chaud au chalet sous une couverture, à boire un bon bol de bouillon de légumes ou une tisane à base de plantes immunostimulantes et anti-infectieuses devant Netflix. Cela te fera également une excuse pour visiter le blog et tester ma recette de miel médicinal citron -thym anti-rhume !

Tu peux également prévoir d’emmener dans ta trousse de secours de l’huile essentielle d’Eucalyptus radiata, à utiliser en inhalation pour dégager tes voies respiratoires (utilisable même chez les enfants) et de l’huile essentielle de Ravintsara, ton meilleur allié en cas de grippe, à mélanger dans une huile végétale puis à appliquer sur les poignées ou le thorax.

En format plus pratique, il existe même des sprays nasaux tous prêts à base de propolis et d’huile essentielle, également très efficaces contre les rhumes et les sinusites, et facile à emporter dans ta valise !

Attention toutefois avec les huiles essentielles si tu es enceinte !

Pour en savoir plus -> Grossesse : quelles huiles essentielles utiliser ?

Et pour la toux et les angines, un spray buccal à la propolis noire, à tous les coups imparables contre les maux de gorge !

Douleurs musculaires, articulaires, ecchymoses et contusions

Les sports d’hiver, c’est : des efforts répétés dont tu n’as peut-être pas l’habitude, mais aussi des gamelles !

Autant te dire qu’entre « le planter du bâton », les flexions extensions, les dérapages plus ou moins contrôlés et les atterrissages soudains dans la poudreuse, ton corps est mis à rude épreuve !

Avec à la clé le plus souvent des courbatures, quelques ecchymoses, bosses et douleurs articulaires (qui prouvent que tu es un(e) vrai(e) de vrai(e) ! ).

Sans même parler des déchirures musculaires, entorses multiples, ruptures des ligaments croisés, luxations et autres fractures qui relèvent du domaine médical et dont nous ne parlerons pas ici.

Parce que, crois-moi, ça me connaît !

Heureusement, les plantes peuvent, ici aussi, t’être d’une grande aide.

Plusieurs remèdes naturels te seront dès lors indispensables dans ta trousse de secours de sportif (ve) avec notamment :

  • Une huile ou un gel d’Arnica pour soulager les douleurs musculaires et les articulations, les œdèmes, les contusions et les ecchymoses grâce à ses propriétés anti-inflammatoires, vulnéraire, analgésique et décontracturante ;
  • De l’huile essentielle de Gaulthérie odorante ou couchée,  pour toutes les douleurs articulaires, les inflammations des tendons (tendinite, élongation), les crampes et contractures musculaires, grâce à ses propriétés anti-inflammatoire, antalgique, anti-spasmodique et vaso-dilatateur ;
  • De l’huile essentielle d’Hélichryse italienne pour soulager les hématomes, les ecchymoses externes et internes de tout type, œdèmes, les tendinites, les douleurs articulaires mais aussi les brûlures et les petites plaies grâce à ses propriétés anti-oedémateuse exceptionnelle, anti-coagulant, anti-phlébitique, cicatrisant, astringeante, régénérante cellulaire, anti-inflammatoire, antalgique et décongestif. On peut aussi l’utiliser en cas de rhume et de bronchite, en synergie avec l’HE d’Eucalyptus radiata ;
  • De l’huile d’Eucalyptus citronné pour soulager les douleurs et crampes musculaires, les tendinites, les courbatures et déchirures musculaires grâce à ses propriétés anti-inflammatoire majeur et antalgique à action locale. A noter qu’elle peut aussi servir comme remède contre les refroidissements hivernaux et autres coups de froids en synergie avec l’HE de Ravintsara.

Ces quatre ingrédients ont l’avantage d’être multifonctions, complémentaires entre eux et utilisables seuls ou en synergie pour soulager à la fois les muscles, les articulations, les bleus et les bosses. En bref, ils constituent la trousse du parfait montagnard !

Et si tu n’as pas envie de te trimballer tout ça, tu peux également soit utiliser un baume musculaire bio et naturel comme le baume des Volcans de St Hilaire, ou te fabriquer toi-même ton baume du sportif (dont je donnerais la recette dans un prochain article).

Digestion, ballonnements

Et pour finir, n’oublions pas qu’une bonne semaine au ski rime avec « gros appétit » ! Et que le froid, l’air montagnard associé aux efforts musculaire demande de l’énergie.

Entre les tartiflettes, les raclettes, les morbiflettes, les croziflettes, les fondues, les diots savoyards, les mont d’or chaud… Le régime spécial montagne avec le sacro-saint combo patates/fromage/ charcut et un peu de génépi pour faire passer tout ça, ce n’est pas qu’un mythe !

Et les lourdeurs digestives sont monnaie courante.

Alors pour faire passer tout ça, n’hésite pas à emporter également dans tes bagages un sachet de tisane à base de menthe, de camomille romaine et d’Anis, à boire en fin de repas devant une bonne partie de carte au coin du feu.

Et si tu n’as ni le courage, ni le temps de faire ton propre mélange, tu peux également te tourner vers des marques de tisanes bio et/ ou artisanales toutes prêtes de qualité comme la tisane digestive du comptoir d’herboristerie, ou les tisanes ayurvédique bio de Yogi Tea dont, personnellement, je raffole !

Et pourquoi pas, une fois rentré(e ) de vacances, te faire une petite cure détox pour soulager ton foie et éliminer tous ces excès ?

Pour résumer…

 

Ton kit de secours 100 % naturel à emporter aux sports d’hiver :

  • Un baume solide protecteur de la peau
  • Une crème solaire naturelle bio
  • Du gel d’Aloé vera
  • De l’HE d’Eucalyptus radiata
  • De l’HE de Ravinstara
  • Un Spray propolis
  • Un baume du sportif spécial muscles / articulations / contusions OU
  • Une Huile ou un gel d’Arnica
  • De l’HE de Gaulthérie odorante ou couchée
  • De l’HE de Hélichryse italienne
  • De l’HE d’Eucalyptus citronné
  • Une tisane digestive pour le soir

Et toi, que vas -tu faire comme folies durant tes vacances à la neige ?

 

 

Recette : le Lait d’or au Curcuma, la boisson réchauffante de l’hiver

Le Golden milk : en voilà un nom intrigant ! Cette recette, très en vogue actuellement dans le milieu du bien-être et de la santé naturelle est pourtant très ancienne, utilisée depuis des millénaires dans la médecine ayurvédique.

Pourquoi un tel engouement sur cette boisson de l’hiver dépeinte comme « cocooning et healthy » depuis quelques années ? Est-ce en raison de son côté Gustatif ? Crémeux ? Naturel ? Thérapeutique ? Végan ?

Il n’en fallu pas plus pour éveiller mon instinct naturel d’Apothicaire curieuse et tambouilleuse.

J’ai donc décidé, pour toi lecteur (-trice) de me sacrifier tester et de décortiquer cette recette « aux milles vertues », à la fois pour satisfaire ma curiosité mais aussi te partager le fruit de mes recherches sur les bienfaits insoupçonnés du Curcuma sur ta santé (oui tu as bien lu, je parle bien du truc jaune qui traine dans ta cuisine là…).

C’est partiiiii !

Le Curcuma : des propriétés médicinales puissantes !

Il est une épice que tu possède

très certainement dans ta cuisine : le Curcuma. D’habitude, on l’utilise plutôt pour assaisonner un poulet curry coco ou un dhaal aux lentilles végétarien… Et puis c’est tout !

Ce qui est fort dommage.

Car le Curcuma recèle un fabuleux trésor de santé. Les Indiens le savent, puisqu’ils l’utilisent depuis des siècles pour ses propriétés thérapeutiques et le tiennent en très haute estime dans leur pharmacopée.

Cette plante en effet, est un puissant anti-inflammatoire et anti-oxydant (entre autres).

Le Curcuma est notamment connu pour ça, bien qu’il possède également d’autres propriétés très intéressantes :

  • Hépatoprotection (soulage et protège le foie) ;
  • Cholagogue et Cholérétique (favorise la sécrétion et l’évacuation de la bile) ;
  • Hypocholestérolémiant (normalise le taux de lipides sanguin et le cholestérol).

 

Il excelle particulièrement dans la plupart des troubles impliquant une inflammation aigüe ou chronique, sur un ou plusieurs organes et ce, quelque soit la nature du tissu ou de l’organe impliqué (contrairement à d’autres plantes qui ont une action plus ciblée et spécifique).

Il faut savoir que les tissus inflammés, en particulier dans les cas d’inflammation chronique, sont sujets à un vieillissement prématuré et accéléré. Le pouvoir anti-oxydant du Curcuma va donc agir de concert avec son action anti-inflammatoire à deux niveaux : sur l’inflammation même des tissus, et le vieillissement accéléré des cellules inflammées.

Le Curcuma est donc un grand protecteur des maladies dégénératives, en particulier dans le cadre d’un usage préventif quotidien.

En cas de crise inflammatoire, il est également recommandé pour accompagner et soulager :

  • Les affections bénignes et maladies chroniques touchant la sphère tendino-articulaire : douleurs musculaires, rhumatismes, arthrose, arthrite, fibromyalgie, tendinites, entorse, spondylarthrite ankylosante…
  • Les inflammations digestives ponctuelles ou chroniques (estomac, intestin, syndrome du côlon irritable…).

Comment utiliser le Curcuma ?

On utilise le rhizome de curcuma également en cas :

  • De surcharge de toxines dans l’organisme, pour protéger et soulager le foie et les reins (plante dépurative et détox)
  • D’affaiblissement général du métabolisme en stimulant les défenses immunitaires ;
  • D’inflammation des voies respiratoires ;
  • En prévention des maladies cardiovasculaires ;
  • En prévention des maladies cancéreuses et de la maladie d’Alzheimer (oui, rien que ça !).

 

En gros, le Curcuma, c’est un peu la version naturelle de l’Ibuprofène ou du gel Diclofénac !

Pas mal non ?

 

Alors, plus d’excuse pour en user et en abuser dans ton alimentation !

La toute puissance de la synergie Curcuma – Gingembre – Poivre – Corps gras

Il existe plusieurs manières d’utiliser le Curcuma : frais, en poudre, ou sous forme de produits standardisés en Curcumine (gélules).

Dans le cadre d’un usage domestique, le plus simple reste bien évidemment d’utiliser la poudre culinaire, très facile à trouver dans le commerce et économiquement abordable.

Oui mais voilà. Pour que le Curcuma en poudre soit thérapeutiquement efficace, notamment en cas de crise inflammatoire avérée, il va falloir :

  • Soit prendre à minima 8 à 12 g de poudre de Curcuma quotidien (3 cuillères à café de poudre bien remplie par jour environ), de quelques jours à plusieurs semaines. Note qu’à la longue ça peut être beaucoup à avaler, et que tu risques d’avoir en permanence l’impression d’avoir mangé du poulet Biryani ;
  • Soit augmenter la biodisponibilité du Curcuma dans ton l’organisme et donc son efficacité (la proportion de curcumine atteignant la circulation sanguine par voie intestinale), pour pouvoir en diminuer la dose.

 

Dans la tradition ayurvédique, le Curcuma est très souvent associé au poivre noir et à un corps gras pour augmenter la biodisponibilité de la Curcumine :

  • Le corps gras, que ce soit sous forme d’huile ou de beurre, va favoriser l’extraction de la curcumine (liposoluble) contenue dans la poudre de curcuma et ainsi faciliter son assimilation par l’organisme ;
  • Le Poivre noir, par le biais de la pipérine, va quant-à lui augmenter la perméabilité de la muqueuse intestinale et accélérer le passage de la Curcumine dans le système sanguin.

 

Il est également très courant de rajouter à la synergie de la poudre de racine de Gingembre, afin de renforcer l’action anti-inflammatoire du Curcuma, mais aussi d’améliorer la circulation sanguine et réchauffer l’organisme notamment lors des déséquilibres froids que l’on peut connaître en hiver.

Le mélange Curcuma – Gingembre – Poivre noir – corps gras va ainsi permettre de diviser la dose thérapeutique par deux, soit 6 à 8 g de poudre par jour (contre 12 g pour la poudre de Curcuma seule ! ), ce qui facilite nettement la réalisation d’une cure prolongée.

 

Le Lait d’or Ayurvédique : Comment le préparer et le consommer ?

Quand déguster le Lait d’or Ayurvédique ?

Si tu as des rhumatismes, douleurs aux articulations ou de l’arthrose, alors tu dois connaître le phénomène…En hiver, le froid et l’humidité accentuent très souvent les douleurs articulaires.

De même, le corps très souvent plus affaibli en raison de la baisse de la luminosité combiné au stress, à la fatigue et à une alimentation déséquilibrée, nous rend plus fragiles face aux nombreuses infections saisonnières.

Le lait d’or Ayurvédique est une recette parfaitement adaptée à la saison hivernale, grâce aux propriétés combinées du Curcuma, du Gingembre et du poivre qui vont venir :

  • Soulager les douleurs chroniques au niveau des articulations ;
  • Réchauffer et soutenir l’organisme, notamment le système immunitaire ;
  • Détoxifier le foie et les reins mis à mal par une alimentation surchargée et soulager le système digestif ;
  • Prévenir des affections hivernales saisonnières, grâce aux propriétés antibactériennes et antivirales du Gingembre et du Poivre.

 

Associé à du lait végétal et une cuillerée de miel, le Lait d’or est une boisson délicieuse et 100 % cocooning à savourer bien au chaud sous un plaid au coin du feu, devant un bon livre (d’herboristerie) ou une série Netflix (Outlander ! ).

On pourrait même penser que cette boisson pourrait rivaliser avec les meilleures tisanes de ma mamie (mais chut, il ne faut pas lui dire !).

Découvre tout de suite comment le préparer.

Comment fabriquer le Lait d’or au Curcuma ?

Ingrédients :

  • 9 parts de poudre de Curcuma
  • 6 parts de poudre de Gingembre
  • 1 part de poudre de Poivre noir
  • 1 cuillère à soupe d’Huile ou de crème de coco
  • 1 tasse de Lait végétal
  • Miel

 

Préparation :

  1. Dans un bol, mélanger 9 parts de Curcuma, 6 parts de Gingembre et 1 part de poivre noir de manière bien homogène.
  2. Faire chauffer à feu doux le lait végétal dans une casserole.
  3. Une fois le lait chaud, rajouter l’huile ou la crème de coco et le miel, puis bien mélanger.
  4. Rajouter ensuite le mélange d’épices, à raison d’une cuillère à café par tasse.
  5. Continuer de faire chauffer à feu doux pendant 5 minutes pour bien faire infuser le mélange.

 

Puis, déguster bien au chaud sous un plaid au coin du feu.

  1. Variante : tu peux également rajouter une part de Cannelle en poudre à ton mélange si tu l’aime, pour profiter de ses propriétés anti-infectieuses en prévention des refroidissements hivernaux.

A toi de jouer !

Tu as aimé cette recette ? Alors partage là sur les réseaux !

Quelles plantes choisir pour démarrer ton jardin médicinal ?

Que tu ais un gros bout de terrain, un petit carré de terre, une terrasse, un balcon ou juste une pièce ensoleillée, il est tout à fait possible de démarrer ta propre culture de plantes médicinales.

Que dirais-tu de toujours avoir tes propres remèdes naturels à portée de main, en train de gentiment pousser sur le rebord de ta fenêtre ou sur le pas de ta porte ?

Pratiquer l’herboristerie maison, c’est, avant toute chose, faire connaissance avec les plantes médicinales les plus courantes, en démarrant notamment par celles que tu utilises quotidiennement, sûrement même sans t’en rendre compte, à savoir dans ta cuisine !

Tu vois ce pied de Thym, là ? Saches qu’il n’est pas utile que pour le pot au feu, loin de là ! C’est notamment un excellent remède contre le rhume.

A lire aussi : Recette de Miel médicinal au Citron et au Thym sauvage contre le Rhume

Et si tu as envie de te lancer dans la culture de ton premier « jardin médicinal », mais que tu ne sais pas bien quelles plantes choisir pour démarrer, ne bouge pas, je t’explique tout de suite comment procéder…

Etape 1 : Définir ton « espace »

Dans un premier temps, il va te falloir définir le lieu où tu vas pouvoir cultiver tes plantes médicinales. En effet ce lieu va dépendre de plusieurs éléments :

L’endroit où tu vis :

Suivant que tu vives en appartement, en maison, dans une cabane en forêt ou dans une grotte, le lieu que tu choisiras ne sera pas le même : est-ce que ce sera sur un coin de table près d’une fenêtre ? Dans ta cuisine ? Sur un balcon ? Un coin de terrasse ? Le pas de ta porte ? Un coin dédié de ton jardin ?…

En effet, si tu vis en appartement, il te sera difficile de cultiver des plantes de grande taille ou nécessitant d’être plantées en pleine terre, comme le Laurier noble, le Sureau noir ou encore l’Aubépine monogyne. Mieux vaudra pour toi privilégier des plantes supportant la culture en pot.

A lire aussi : Comment créer facilement ton jardin médicinal ?

« Chérie ? Bon je crois que là on a vu un peu grand ! »

Ton climat

Idem, si tu vis au pôle nord, au bord de la méditerranée ou encore dans le Sahel, les plantes que tu pourras cultiver vont forcément dépendre du climat où tu vis. De manière générale, il vaut mieux que tu privilégies la culture de plantes locales, parfaitement adaptées à ton lieu de vie. Elles seront d’une part plus faciles à cultiver (conditions d’ensoleillement, humidité, et sol adaptés), et seront par ailleurs d’autant plus riches en molécules actives et en efficacité thérapeutique dans des conditions de culture idéales.

Pour ce faire, n’hésite pas à consulter des flores locales, ou bien le site de Tela botanica https://www.tela-botanica.org/ pour te renseigner sur la répartition géographique de la plante choisie, ainsi que ses conditions naturelles de vie.

« Tu t’imagines avec un Baobab dans ton jardin ? »

Etape 2 : Définis tes besoins et ceux de ton foyer

Une fois ton « lieu » choisi, il va ensuite falloir que tu listes l’ensemble des petits maux courants que tu rencontres quotidiennement, régulièrement ou chaque année, ainsi que ceux de ta « tribu », afin de choisir des plantes qui te seront véritablement utiles.

En effet, inutile de commencer à cultiver des plantes pour améliorer la circulation sanguine si ton problème à toi c’est plutôt l’insomnie ou l’anxiété. Ou de choisir des plantes contre l’hypertrophie bénigne de la prostate si ton objectif c’est de soulager les règles douloureuses…

A lire aussi : Créer ta pharmacie naturelle maison : mode d’emploi

Tu comprends la démarche ?

Donc, prends un carnet, un stylo et note les troubles que tu rencontres au quotidien, régulièrement, ou de façon plus occasionnelle (une fois par an).

Par exemple :

J’ai régulièrement/ occasionnellement :

  • des rhume, angine, toux, grippes en hiver ;
  • du stress ;
  • des allergies ;
  • des insomnies, de la fatigue ;
  • un manque d’appétit, des difficultés digestives ;
  • des coups de soleil, des piqûres d’insectes, la peau sèche, de l’eczéma ;
  • des maux de tête, le mal des transports ;
  • des crampes, courbatures, tendinites, douleurs articulaires ;
  • des règles douloureuses ;
  • etc….

Une fois cette liste réalisée, va ensuite farfouiller dans des bouquins d’herboristerie ou des sites internet de référence sur le sujet, puis note les plantes médicinales susceptibles de soulager tes problèmes et qui te seront utiles au quotidien.

Voici quelques exemples à titre indicatif (liste non exhaustive) :

Les plantes du cœur et de la circulation sanguine

Ail, Aubépine, Bourse à pasteur, Chêne, Marronnier, Cyprès, Olivier, Thé, Vigne rouge.

Les plantes de l’estomac

Anis vert, Calament, Carvi, Ciboulette, Cumin, Coriandre, Fenouil, Génépi, Menthes, Pomme de terre, Calendula, Verveine citronnelle, Gentiane.

Les plantes de l’intestin

Absinthe, Aloé vera, Fraisier, Mûrier, Rhubarbe, Prunellier, Rose rouge.

Les plantes du foie

Artichaut, Blette, Camomille romaine, Chardon marie, Chicorée, Radis noir, Matricaire, Fumeterre, Romarin.

Les plante des reins

Pissenlit, Asperges, Aubier de tilleul, Canneberge, Bruyère, Busserole, Buis, Cerisier, Chiendent, Poireau, Sureau noir.

Les plantes de la fatigue et du sommeil

Eschscholtzia, Coquelicot, Lavande, Mélisse, Passiflore, Aubépine, Valériane, Orange amère.

Les plantes du système musculaire et osseux

Arnica, Cassis, Chou, Consoude, Frêne, Prêle, Ortie, Reine des prés.

Les plantes du système respiratoire

Thym, Citron, Cynorrhodon, Hysope, Grand aunée, Oignon, Ronce, Origan, Guimauve, Bouillon blanc, Lierre terrestre, Marrube, Navet, Pin, Pulmonaire, Tussilage.

Les plantes du système hormonal

Achillée millefeuille, Armoise vulgaire, Framboisier, Alchémille, Sauge officinale.

Tu peux également retrouver la liste des plantes médicinales par maux courants et par propriétés dans le cahier pratique d’herboriste du blog, à télécharger ici

Etape 4 : Choisis les plantes médicinales à cultiver suivant leurs usages

Maintenant que ta liste est faite, il se peut que tu te retrouve avec une cinquantaine de plantes potentiellement adaptées à tes besoins.

Pour démarrer, c’est encore bien trop, et il va être difficile pour toi d’apprendre à toutes les cultiver et les utiliser d’un seul coup.

L’idéal, c’est donc de partir sur une base de 5 à 10 plantes médicinales complémentaires qui pourront te servir pour soulager plusieurs maux à la fois (et même être ajoutées à la cuisine, tant qu’à faire !).

Pour ce faire, prends la liste des plantes que tu as réalisée lors de l’étape 3, puis élimine progressivement toutes les plantes qui sont :

  • soit trop compliquée à cultiver ;
  • soit trop compliquée à utiliser.

 

Par exemple, pour chaque plante de la liste, pose-toi ces questions :

  • Est-ce que c’est une plante exotique ou adaptée à ma région ?
  • Est-ce qu’elle est adaptée à mon sol ?
  • Est-ce que cette plante pousse naturellement dans mon jardin ou autour de chez moi ? Est-ce que je la cultive déjà pour la cuisine ?
  • Est-ce qu’elle est facile à utiliser au quotidien ? Puis-je la mettre dans mon alimentation ? Puis-je en faire des tisanes ? Des macérats huileux ? Des cataplasmes ?

 

Le but de cet exercice, c’est de choisir des plantes locales qui poussent facilement chez toi, communes et que tu puisses utiliser en infusion, en sirop, en huile ou en baume, ou dans la cuisine (plantes aromatiques à usage à la fois condimentaire et médicinale).

On évitera notamment de cultiver toutes les plantes qui nécessitent soit des conditions de culture très particulières (Arnica montana, Génépi) ou qui s’utilisent uniquement en extrait standardisé, extrait fluide, alcoolats, élixirs, intraits, huiles essentielles, alcoolature, teinture mère ou sous forme d’extraits standardisés nécessitant d’avoir un laboratoire pharmaceutique (sauf si tu as la chance d’en posséder un toi-même ! ).

Pour t’aider, voici une liste de plantes médicinales standard (à adapter selon tes besoins) faciles à cultiver aussi bien en pot qu’au jardin, et utiles en tout temps et tous lieux pour te soigner naturellement au quotidien :

Les plantes herbacées et vivaces médicinales

CalendulaCoriandre
Menthe verteAneth
Thym vulgaireCamomille matricaire
Basilic romainOrigan
Plantain lancéoléAchillée millefeuille
Sauge officinaleAbsinthe
Lavande fineArmoise
Camomille romaineEstragon
RomarinEchinacée
MélisseCiboulette
Verveine odoranteLivèche
OrtieConsoude officinale
PersilSarriette

Les légumes médicinaux

  • Choux
  • Radis noir
  • Ail
  • Oignon

Les arbustes et arbres fruitiers médicinaux

  • Framboisier
  • Ronce
  • Sureau
  • Laurier
  • Cassissier
  • Eglantier
  • Epine vignette

Les grimpantes médicinales

  • Houblon
  • Vigne rouge

Maintenant, à toi de jouer ! Quelles plantes vas-tu choisir de cultiver dans ton jardin médicinal ?

Où acheter des plantes et des huiles essentielles bio de qualité ? L’annuaire des petits producteurs

 

Utiliser les plantes et les huiles essentielles pour mieux agir sur ta santé ? Oui, mais pas au détriment de la qualité !

Pour un usage thérapeutique, exit les plantes en poudre et en gélules du rayon diététique du supermarché, les tisanes en sachets plastiques, les flacons d’huile essentielles douteuses et pas chères….

Car malheureusement, on en est là : si ton produit est bas de gamme, alors il ne sera pas efficace. Ce sera juste de la “poudre de perlimpipin” comme dirait l’autre…

Et après, on va me dire en soupirant que de toutes façons, les remèdes de grand mère, ben ça ne marche pas…Forcément, si déjà ton produit est de mauvaise qualité, peu de chance qu’il y ai encore des principes actifs dedans…

Tout du moins, ce sera de la paille en sachet bien emballé.

Alors c’est comme tout. Si tu veux vraiment trouver des plantes de qualité, il va falloir aller regarder du côté des labels bio, Nature et progrès et SIMPLES, mais aussi et surtout du côté des fournisseurs en circuit court.

Et à ce compte là, rien de tel que d’acheter chez des producteurs herboristes paysans passionnés par leur métier et soucieux de faire des produits d’une excellent qualité (en plus d’avoir la traçabilité du produit ! ).

C’est pourquoi je te propose aujourd’hui une liste de producteurs paysans bio et locaux pour y trouver tes plantes et des huiles essentielles.

Cette liste, je la garnirai au fur et à mesure de mes découvertes, mais si tu connais toi-même des producteurs, n’hésite pas à m’en faire part pour que je les rajoutent !

Annuaire des petits producteurs de plantes et d’huiles essentielles bio et locaux

04 – Alpes-de-Haute-Provence

  • La Blanche Bio ( 04 – Montclar )
  • Colache Christine ( 04 – Les Mees )

05 – Hautes-Alpes

06 – Alpes-Maritimes

07 – Ardèche

  • Simplement paysanne (07 – Beauvène)

09 – Ariège

  • Flore des Cîmes (09 – Boussenac)
  • O de fleurs ( 09 – Uchentein )
  • Retour aux sources ( 09 – Brassac )
  • Pouil Agnes ( 09 – Dun )
  • Un peu, beaucoup, passion et Plantes ( 09 – Lesparrou)

11 – Aude

  • Pyrenessences ( 11 – Belvis )
  • Cros Sabine ( 11 – Belpech )
  • Jardin d’étoiles ( 11 – Belpech )
  • Naturellement Chouette ( 11 – Rouvenac )
  • L’Herbier d’Antan (11 – Montmaur)

12 – Aveyron

  • Les Uca’ folles herbes ( 12 – Laguiole )
  • La baie’ronaise ( 12 – St Laurent d’Olt )
  • Naturellement Simples ( 12 – St Laurent de Levezou )
  • Ferme du Pré Grand (12 – Morlhon le Haut)

13 – Bouches-du-Rhône

19 – Corrèze

20 – Corse

  • Les Simples et Divines ( 20 – Porto Vecchio )

21 – Côte-d’or

  • La Safranerie Templière ( 21 – Recey sur Ource )

22 – Côtes d’Armor

  • Mange tes fleurs EARL ( 22 – St Nicodème )
  • Les Herbes Vagabondes ( 22 – Ploezal )
  • Guerin / Chauvet Frédéric et Claire ( 22 – Plouha )

24 – Dordogne

  • La Clé des Simples ( 24 – Cenac )
  • Association Cueillettes Champêtres ( 24 – Plazac )

25 – Doubs

26 – Drôme

  • Plantago (26 – Cornillac)
  • Ferme de Saussac (26 – Montauban-sur-l’Ouvèze)
  • La fée des Champs (26 – Beaufort sur Gervanne)
  • La Fraîche des Baronnies (26 – Nyons)
  • Clot / Ferme de la Bouscaude ( 26 – Buis les Baronnies )
  • Les potions et jardins de Paulianne ( 26 – Luc en Diois )
  • Saflor ( 26 – Luc en Diois )
  • Flora Terra ( 26 – Miscon )
  • Yuluka ( 26 – La Repara Auriples )
  • Maier Fred ( 26 – Rémuzat )
  • Driouich Selseibil ( 26 – Montboucher sur Jabron )
  • Bôm cosmetique (26 – Chatillon Saint Jean)
  • Lumière du Soleil ( 26 – Ponet Saint Auban)
  • Valyherba (26 – Saint Gervais sur Roubion)
  • L’âme des Simples (26 – Vachères-en-Quint)
  • Mélilou (26 – Lachau)

27 – Eure

29 – Finistère

  • L’Arpente ( 29 – Poullan sur Mer )
  • Baume Shanti ( 29 – Bannalec )
  • Parfums d’Encens ( 29 – Berrien )
  • Terre Feuillantine ( 29 – La Feuillée )
  • L’ Arpente Chrysalide ( 29 – Plogastel St Germain )
  • Le Jardin de Sarah (29 – Dineault)
  • Flore d’Arrée (29 – Le Mengleuz)

30 – Gard

  • La petite fée du bien ( 30 – Rochefort du Gard )
  • Espelida ( 30 – Pommiers )
  • U ortu salvaja ( 30 – Chambon )

31 – Haute-Garonne

  • Cameline ( 31 – Latrape )
  • Le Hinchet Solène ( 31 – Peguilhan )
  • Les Jardins du Cap ( 31- Sepx )
  • Nature verte (31 – Gaillac Toulza)

33 – Gironde

  • Aux herbes et cetera (33 – Cours-de-Monségur)
  • Lichen ( 33 – Villandraut )
  • Lhessentielle ( 33 – Audenge )

34 – Hérault

  • Zordan Yannick ( 34 – Saint Drezevy )
  • L’ oiseau vent ( 34 – Lunel )
  • La Clef des Champs ( 34 – Saint Maurice de Navacelles )
  • Le cueilleur ( 34 – Lodève )

36 – Indre

  • Phytobrenne le jardin des magies ( 36 – Merigny )

38 – Isère

  • Ratat véronique ( 38 – Pisieu )
  • Mémé dans les orties ( 38 – St Jean d’Hérans )
  • Plantamarine ( 38 – Monestier du Percy )
  • Tisanes et potions des montagnes ( 38 – Villard de Lans)
  • Infusio (38 – Vaulnaveys – le – Haut)
  • Legoût des plantes (38 – Saint Martin d’Uriage)

40 – Landes

  • Saran Gossa ( 40 – Morcenx )

41 – Loir-et-Cher

  • Asterale ( 41 – Lamotte Beuvron )
  • La Petite Friche ( 41 – Chemery )

43 – Haute-Loire

  • La Voreysienne ( 43 – Vorey )
  • Terre d’alchimie (43 – Saint Victor sur Arlan)
  • La Boria des Gotas (43 – Saint Didier en Velay)

44 – Loire-Atlantique

46 – Lot

  • Han/Audam Caroline & Valentin ( 46 – Saint-Pantaléon )

47 – Lot-et-Garonne

  • Plant’ame ( 47 – Bazens )

48 – Lozère

  • Ferme de Ragamar ( 48 – Naussac )

50 – Manche

53 – Mayenne

  • Futur Simples ( 53 – Montflours )

55 – Meuse

  • Riotte Sauvage ( 55 – Marson-sur-Barboure )

56 – Morbihan

  • Le sentier des Cosm’étik ( 56 – Questembert )
  • La Dame de onze heures ( 56 – Plumergat )
  • Le jardin de la Saudraye ( 56 – Guidel )
  • Aoko ( 56 – Locmariaquer )

61 – Orne

62 – Pas-de-Calais

  • Terre Essentielle ( 62 – Lesdin L’abbé )

63 – Puy de Dôme

  • Croq’ sauvages ( 63 – Rochefort-Montagne )
  • La Sève des Volcans ( 63 – St Jean des Ollières )
  • Fleur de Gadgi ( 63 – Saulzet le Froid )

64 – Pyrénées Atlantiques

  • Caubraque la ferme des Médicinales ( 64 – Baigts de Béarn )

65 – Hautes Pyrénées

  • Perrier Isaline ( 65 – Esparros )
  • Le Safran du Vieux Logis ( 65 – Nistos )
  • Sève de Bigorre ( 65 – Labassère )
  • Médicinales du Bergons ( 65 – Gez Argelès )
  • Vrac en Herbes ( 65 – Arbeost )

66 – Pyrénées orientales

  • Floraluna SAS ( 66 – Los Masos )
  • Gemmessentiel PAM 66 ( 66 – Prades )
  • Savoir en Herbe ( 66 – Corneilla de Conflent )

69 – Rhône

  • Cosmethic (69 – Irigny)
  • Elixirlabs ( 69 – Saint Etienne des Oullières)

70 – Haute-Saône

  • L’Atelier de Noë (70 – Mersuay)
  • Mathieu Morel (70 – Fontenois-la-Ville)

71 – Saône-et-Loire

  • Alors, ça pousse ? ( 71 – Saillenard )
  • Garenna officinalis (71 – Saint-Vallier)

72 – Sarthe

  • Les prairies de Vermeils ( 72 – Courtillers )

73 – Savoie

74 – Haute-Savoie

78 – Yvelines

  • Laskowski Johann ( 78 – Bonnelles )

80 – Somme

81 – Tarn

  • Rythme de la Terre (81 – Mouzieys-Panens)
  • Melis’herbes (81 – Salvagnac)
  • Coqblin Céline ( 81 – St Beauzile )

83 – Var

84 – Vaucluse

  • Le Jardin d’ô (84 – Viens)
  • Les Jardins du Salvet (84 – St Etienne d’Albagnan)
  • Les 7 soleils Ferme écologique ( 84 – Le Beaucet )
  • GAEC Aroma’ plantes ( 84 – Sault )
  • Passion Aromatique (84 – Saint Panthaléon)

87 – Haute-Vienne

88 – Vosges

89 – Yonne

91 – Essonne

Annuaire des tisaneries artisanales bio

 

Annuaire des distilleries d’huiles essentielles artisanales

 

 

 

Recette : Miel médicinal au citron et au Thym sauvage contre le rhume

 

Le week end dernier, j’ai profité des derniers beaux jours de l’automne pour aller refaire mon stock de Thym sauvage avant l’hiver. Après les dures chaleurs de l’été, les pluies automnales ont fait reverdir la garrigue provençale, c’est le moment de procéder aux dernières récoltes de plantes aromatiques. Bon normalement, la meilleure période pour récolter le Thym reste les mois de Mars / Avril dans le sud… Mais quand le stock est vide, mieux vaut être prévoyant avant l’arrivée du froid et des premiers épisodes de rhumes et de grippe saisonnière.

Me voici donc partie avec mon petit panier, ma serpette, et mon chien, et en avant pour une session crapahutage dans la colline, sous un soleil d’Octobre particulièrement bienvenu après une longue semaine de froid et de grisaille.

Un kilo de Thym plus tard, me voici à préparer mes remèdes fétiches de l’hiver : Sirop de Thym, mélanges à tisane et miel anti-rhume Thym-Citron.

Cette recette de miel médicinal, je l’ai découverte cette année, grâce à une amie qui en fabriquait pour se prémunir des infections hivernales.

La synergie Miel-Thym-Citron est un classique que je fais habituellement infuser en tisane dès les premiers signes de rhume. La voici sous forme de miel médicinal : en plus d’être très efficace et hyper simple à réaliser elle est absolument délicieuse !

Pour ma part, je l’ai classée dans mes must-have de l’hiver !

Pourquoi la synergie Miel-Thym-Citron est-elle une bombe atomique ultra efficace contre les maux de l’hiver ?

Durant les épisodes de grippes, de rhumes, de bronchites et autres coups de froid hivernaux, un remède naturel à base de plante va devoir agir à trois grands niveaux :

  • L’action antiseptique et anti-bactérienne dite « coup de poing » pour lutter efficacement et rapidement contre les agents infectieux, tout en favorisant le soulagement des symptômes
  • Le soutien et renforcement du système immunitaire et des défenses de l’organisme contre les agents pathogènes durant toute la phase préventive, infectieuse et de convalescence
  • L’élimination des agents pathogène et la reconstitution progressive de l’organisme durant la phase de convalescence.

Associer le miel, le Thym et le Citron ensemble répond à ces trois prérogatives, grâce à l’action complémentaire de leurs propriétés médicinales.

Les vertus du Miel

En effet, le miel possède à la fois des vertus antibactériennes, antivirales, anti-inflammatoire et cicatrisante des muqueuses (action 1). Sa composition, riche en sucre et en oligoéléments lui confère des propriétés énergétiques et tonifiantes indéniables dans des périodes de grandes fatigues et de maladie hivernale (action 3).

Les vertus du Thym vulgaire

Le Thym vulgaire possède quant-à lui des propriétés antiseptiques puissantes sur le système respiratoire, mais aussi balsamiques et expectorantes très efficaces dans les périodes de toux et de bronchites (action 1). Ses propriétés fébrifuges en font un allié incontournable en cas de fièvre avérée, tandis que ses actions sudorifiques, diurétiques s’avèrent très précieuses pour éliminer les toxines et les agents pathogènes combattus par le système immunitaire. C’est également une plante tonique et stimulante très efficace dans les périodes de convalescence, mais aussi de fatigue et d’asthénie générale. (action 3). Il est considéré comme l’un des meilleurs remèdes contre les affections dû aux refroidissements hivernaux (grippes, rhumes, angines, courbatures) par le Dr. Valnet en personne.

Les vertus du Citron

Le Citron complète à merveille la synergie miel-Thym, grâce à son action bactéricide et antiseptique puissante (action 1). C’est par ailleurs un activateur des globules blancs qui va soutenir l’action défensive du système immunitaire durant toute la période infectieuse (action 2), tout en facilitant l’accompagnement des épisodes fiévreux grâce à ses propriétés fébrifuges et sudorifiques. Riche en vitamines et en minéraux, le Citron est un remède précieux durant toute la période de convalescence grâce à ses propriétés à la fois diurétique et dépuratives qui vont favoriser l’élimination des toxines, et ses propriétés toniques et reminéralisantes venant renforcer l’organisme fatigué.

Miel médicinal au Citron et au Thym sauvage : La recette

Ingrédients

  • Un citron entier, non traité
  • 5 à 4 branches de Thym sauvage bien frais
  • 10 cuillères à soupe de Miel sauvage semi-liquide artisanal

Fabrication

Version herboriste patient

Dans un pot en verre propre et stérile, découper les branches de thym frais en petits tronçons. Puis, verser le miel sur les plantes jusqu’à les recouvrir, et touiller légèrement pour enlever les bulles d’air. Vérifier que le miel enveloppe parfaitement les plantes.

Laisser macérer 4 semaines.

Au bout d’un mois, filtrer le miel et retirer les branches de Thym.

Couper un Citron entier en tranche, puis couper les tranches en quart.

Mettre les morceaux de Citron dans un pot propre et stérile, puis verser le miel macéré précédemment par-dessus.

Mélanger, puis fermer, et étiqueter.

Laisser macérer une semaine avant utilisation.

Version herboriste pressé

Si tu es assez pressé, tu peux aussi procéder de cette manière :

Découper le Thym frais et le Citron, puis les placer au fond d’un bocal propre et stérile.

Recouvrir de Miel, et touiller de manière à enlever les bulles d’air.

Faire macérer une semaine en remuant le pot tous les jours avant usage.

Il est également possible d’y rajouter quelques morceaux de racines de gingembre frais dans la recette, pour un cocktail encore plus explosif !

     

Comment utiliser ton miel médicinal anti-rhume ?

En prévention

A raison d’une cuillère à café dans ta tasse de tisane bien chaude, trois fois par jours, en prévention des maux de l’hiver durant les périodes d’épidémies.

Dès les premiers symptômes

Pure, à raison d’une cuillère à café toutes les heures en cas de début de rhume, ou mélangée à un verre d’eau chaude jusqu’à guérison complète.

Cette recette t’a plu et tu veux la garder sous le coude ?

Télécharge vite ton cahier pratique d’apprenti(e) herboriste pour noter et retrouver tous tes remèdes maison  !

 

 

 

Références :

Dr VALNET, J. 2001. La Phytothérapie. Ed. Vigot. 640 p.

Dr VALNET, J. 1985. Se soigner par les légumes, les fruits et les céréales. Ed. Maloine S.A. 510 p.

GLADSTAR, R. 2016. Plantes médicinales, le guide du débutant. Ed. Hachette Livre. 224 p.

Recette : Sirop de Sureau noir pour booster l’immunité, accompagner la fièvre et lutter contre la grippe

 

Si tu ne connais pas encore cette plante, alors il n’est pas encore trop tard !

Petit arbuste de nos campagnes, le Sureau noir est l’une des simples à absolument connaître, en particulièrement à l’entrée dans l’hiver.

C’est bien simple, c’est l’un des remèdes naturels les plus estimés pour lutter contre le rhume et la grippe.

On le nommait d’ailleurs autrefois : le protecteur du foyer, l’arbre aux fées ou encore le pharmacien de la maison. Rien que ça !

Si tu veux en savoir plus à son sujet, alors je t’invite à lire ce qui suit.

Les vertus du Sureau noir

Immunostimulant, antiviral et diaphorétique (kezako?). Voilà ce qui est écrit dans la littérature sur cette magnifique plante de nos campagnes. Une des simples à absolument connaître lorsque nous entrons dans l’hiver.

En clair, cette plante est extraordinaire : elle va à la fois être capable de soutenir tes défenses immunitaires en cas de maladie infectieuse, d’accroitre la lutte contre les pathogènes grâce à ses propriétés antivirales, et favoriser l’accompagnement de la fièvre en activant la sécrétion de la transpiration et en favorisant l’élimination des toxines. (Bon si tu transpire déjà énormément de base, c’est pas forcément le top)

Si on décrypte un peu plus en détail, cela signifie que cette plante est une alliée de taille pour lutter contre toutes les phases infectieuses saisonnières : grippe, rhume, sinusite, bronchite, etc…..

Où et quand le récolter ?

Le Sureau noir est un grand arbre à feuilles caduques pouvant atteindre 9 m de haut. Contrairement au Sureau yèble, il est reconnaissable par sa taille, la présence de tiges ligneuses (bois) et par ses fruits en grappe tombants.

Tu pourras facilement le trouver le long des haies, sur les rives des ruisseaux et fossés, et en bord de champs.

On en récolte les fleurs blanches au mois de juin, lorsque les boutons floraux viennent tout juste de s’épanouir, et les baies noires en fin d ‘été et début d’automne, à pleine maturité.

Cet automne, j’ai donc profité des dernières chaleurs pour aller repérer un joli spot de cueillette de Sureau noir, dans une haie bordant une friche à l’abandon, dans un petit coin du Vaucluse. Patiemment, j’ai donc récolter les baies de Sureau noir à pleine maturité afin de préparer mes sirops en prévision de l’hiver.

Comment fabriquer ton sirop de Sureau noir maison ?

Ingrédient

Pour fabriquer ton sirop de Sureau, il te faut :

  • Des baies de Sureau noir arrivées à pleine maturité,
  • Du miel ou du sucre,
  • De l’eau,
  • Une ou plusieurs bouteilles propres et stérilisées,
  • Des étiquettes

Recette

Égrainer les baies récoltées pour les séparer de la grappe.
Disposer dans une casserole, y rajouter 1/3 d’eau.
Faire cuire à feu doux 30 minutes, jusqu’à obtenir une odeur de fruits cuits comme lors de la préparation d’une confiture.
Rajouter sucre en poudre ou miel, à raison d’1kg par litre de liquide.
Refaire cuire à feu doux en melangeant jusqu’à fonte totale du Sucre
Verser à chaud dans des flacons stérilisés
Boucher, puis étiqueter.

Pour ma part, j’en ai fait 3 litres…. Normalement ça devrait suffire pour tout l’hiver ! 😀

Comment utiliser ton sirop de Sureau ?

En cas de début de maladie infectieuse saisonnière, il va falloir taper un grand coup !

Donc la petite cuillère à café 3 fois par jour, ça, tu peux oublier.

Non non, il va falloir y aller franco pour apporter à l’organisme un flux continu de molécules actives immunostimulante et antivirales. Et oui, car les virus en début d’infection, eux, ne prennent pas de repos.

Pour cela j’applique la méthode de Christophe Bernard d’Althéa Provence :

Une cuillère à soupe de sirop toutes les 2h, pendant 3 jours. Oui oui, tu as bien lu, TOUTES les 2h, dès l’apparition des premiers symptômes. De toutes façons, c’est délicieux à boire, alors pourquoi se priver !

Tu pourras également compléter ce traitement en synergie avec d’autres plantes antivirales, comme le Thym en tisane ou en sirop, l’Echinacée pourpre en teinture ou encore avec l’Ail, le Gingembre ou la Cannelle.

 

A lire aussi -> 7 plantes médicinales pour lutter contre les infections hivernales

 

Alors, est-ce que tu vas tester le sirop de Sureau ?

Références :

BERNARD, C. 2018. Grand manuel pour fabriquer ses remèdes naturels. Ed. Jouvence. 256 p.

BONNEVAL, P. 2006. L'herboristerie, Manuel pratique de la santé par les plantes. Ed. Désiris. 446 p.

FOURNIER, P-V. 1947. Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France. Ed. Omnibus, 2010. 1050 p.

LIEUTHAGHI, P. 1996. Le Livre des bonnes herbes. Ed. Acte sud. 528 p.

MULOT, M-A. 2007. Secrets d'une herboriste. Ed. du Dauphin. 591 p.

Dr VALNET, J. 2001. La Phytothérapie. Ed. Vigot. 640 p.

 

Les 10 commandements de la cueillette sauvage

La cueillette sauvage est un réel bonheur, lorsque nous partons, cheveux aux vents et panier à la main gambader dans les prés et les bois (attention aux tiques !)

Quelle plus grande satisfaction que d’aller glaner ses propres remèdes dans la nature ou dans son jardin médicinal, de fabriquer soi même ses propres tisanes pour l’année en étant au contact direct avec les éléments et le monde végétal ?

La cueillette sauvage est un des gestes les plus anciens de l’humanité, un instant d’enseignement profond directement puisé à la source. Partir glaner dans la nature, c’est un peu comme renouer avec nos origines et notre humanité, et se la jouer « sorcière des bois ou druide des temps modernes ». Bref, moi j’adore !

Attention, si toi aussi tu veux t’y mettre, il y a cependant plusieurs règles à respecter.

Et oui, la nature a ses propres codes, et il très facile de faire des erreurs, parfois pouvant être graves (empoisonnement). Il convient donc d’être particulièrement vigilant, de faire attention à ce que l’on ramasse, où et surtout comment, pour ne pas détruire cette ressource si précieuse.

Voici donc les 10 commandements de la cueillette sauvage, pour une cueillette en toute sécurité, durable et respectueuse de la nature.

1 – Bien équipé (e) tu seras

Avant toute escapade dans la nature, il te faudra un minimum d’équipement, que ce soit pour ta sécurité ou ta cueillette.

Dans ton sac à dos, tu pourras ainsi prévoir :

  • Une gourde remplie d’eau
  • Une casquette
  • Un manteau de pluie (en cas d’orage surtout en montagne. Oui ça m’est déjà arrivée de finir trempée comme une soupe) ;
  • Une petite trousse de secours, avec pansements, tire tique, sérum physiologique, désinfectant ;
  • De la crème solaire ;
  • Un téléphone chargé (si tu t’égares ou que tu te blesses) ;
  • Eventuellement une carte IGN (si tu pars la journée)
  • Un pique-nique !

Pour la cueillette tu devras également préparer :

  • Une serpette ou un couteau pliable bien aiguisé
  • Des sachets en papier kraft et/ ou un panier (surtout pas de plastique !)
  • Un livre d’identification portatif.

N’oublie pas non plus de partir avec des vraies bonnes chaussures de marche qui tiennent la cheville (oui oui même en plaine !). Pas la peine de te tordre la cheville dans un trou que tu n’aurais pas vu ! (oui ça aussi ça m’est arrivé…)

2 – Être sûr(e) de ton identification tu devras

De nombreuses plantes se ressemblent les unes les autres dans la nature, et le risque de se tromper est grand si tu n’es pas suffisamment averti(e).

L’idéal pour commencer c’est tout d’abord d’apprendre à reconnaître les plantes les plus courantes et les plus faciles, qui présentent peu de risque de confusion, comme les plantains (tous les plantains communs sont médicinaux et comestibles), l’ortie dïoique, l’ortie blanche, les violettes, les pâquerettes, ainsi que les arbres et arbustes médicinaux.

Un bon livre illustré pour débuter et une application mobile comme Plantnet pourront également te permettre de t’aider dans l’identification des plantes les plus communes.

Ensuite, il te faudra sortir, observer, pratiquer, sortir, observer, pratiquer, etc…

Pratiquer la botanique seul(e) lorsque l’on débute n’est pas toujours facile, alors profite des beaux jours pour t’inscrire à une sortie botanique organisée par une association locale. Les botanistes expérimentés pourront t’apprendre à identifier telle ou telle plante du premier coup d’œil, à repérer les critères infaillibles pour ne pas la confondre avec une plante toxique.

A chaque sortie, apprend à n’identifier que quelques plantes à la fois (une dizaine maximum), et à bien les retenir.

N’hésite pas également à partir te promener à plusieurs saisons différentes pour apprendre à reconnaître les plantes que tu sais reconnaître au moment de leur développement végétatif, de leur floraison ou de la formation des graines.

N’hésite pas non plus à utiliser tes 5 sens pour approfondir ta connaissance de la plante :

  • La vue : où vit cette plante, dans quels milieux, vit-elle seule ou en colonie, à l’ombre ou au soleil, est-ce un arbre, un arbuste, une herbacée, a-t-elle des fleurs, de quelle forme, de quelle couleur, quels sont ses critères visuels de reconnaissance ?
  • L’odorat : lorsque tu la froisses entre tes doigts, repère-tu une odeur particulière ?
  • Le toucher : est-ce que cette plante a des poils doux, ou piquants ? Est-ce que ses feuilles sont lisses, duveteuses ? L’écorce est-elle lisse ou rugueuse ?
  • Le goût (seulement pour les plantes comestibles !) : est-elle amère, sucrée, piquante, salée ?

 

3 – Un endroit non pollué tu trouveras

Ensuite, il te faudra choisir un endroit hors des sentiers battus et peu fréquenté. Inutile d’aller ramasser tes tisanes en bord de zone industrielle, d’autoroute, de décharge ou de champ bourré de pesticide !

Trouve un coin naturel, en évitant soigneusement les bords de chemin, les routes, les champs cultivés, les fossés pollués ou encore les lieux pâturés par des animaux domestiques.

Cela minimisera ainsi le risque que tes plantes contiennent des excréments, des métaux lourds, ou tout autres polluants peu ragoûtants.

4 – Les autorisations de cueillette tu auras

Une fois le terrain idéal trouvé, assure-toi que cela ne soit pas une propriété privée ! Ce serait dommage de se fâcher avec l’agriculteur du coin, ou pire, te retrouver face à un fusil !

Si le terrain est privé, n’hésites pas à aller demander la permission de cueillir auprès du propriétaire. S’il est d’accord, il se peut même qu’il te laisse revenir chaque année !

Si le terrain est public, vérifie que le secteur n’est pas un lieu protégé et interdit à la cueillette (Parc national, Parc régional, site Natura 2000, Espace naturel sensible, Réserve naturelle…). Pour cela, va jeter un coup d’œil sur les sites internet des parcs et réserves, ou sur géoportail pour visualiser les périmètres protégés.

Regarde s’il y a des panneaux d’interdiction sur place, et éventuellement, passe un petit coup de fil à la mairie.

5 – Avec parcimonie tu cueilleras

De nombreuses stations de plantes (lieux où elles vivent et se reproduisent) sont fragilisées par l’impact de l’homme, que ce soit par l’urbanisation, les pesticides, le surpâturage, l’agriculture intensive, mais aussi par la pression de cueillette…

Les stations d’Arnica dans les Vosges par exemple ont été tellement cueillies qu’elles ont aujourd’hui du mal à se maintenir, et disparaissent peu à peu.

Si tu pars cueillir des plantes, assure-toi de faire très attention à ne pas tout cueillir au même endroit, afin que les plantes puissent continuer à se développer, même dans 10, 20 ou 30 ans.

Pour cela, il te faudra appliquer la règle des tiers :

  • pour la plante entière ou la racine, ne cueille qu’un pied sur trois ;
  • pour les sommités fleuries et les feuilles ne cueille qu’une fois sur trois ;
  • pour les fruits, ne les ramasse que sur un pied sur trois, etc…

 

De même, veille à toujours varier la taille des individus que tu vas ramasser : choisis-en des gros, des moyens, des plus petits. Si tu ne ramasses que des gros pieds chaque année, ceux-ci vont finir par disparaître et seuls les individus de petite taille resteront dans des décennies. C’est que l’on nomme « la sélection génétique ».

Cueillir des individus différents d’une même espèce botanique va permettre de protéger la diversité génétique des plantes, et aider les populations végétales à s’adapter et à survivre aux changements futurs de leur environnement.

Avec cette méthode tu auras également une plus grande diversité de molécules actives dans ta tasse de tisane ! En effet chaque plante d’une même espèce ne va pas sécréter la même proportion de molécules : cela va dépendre de son patrimoine génétique et de son environnement local (nature du sol, ensoleillement, humidité etc).

Rien de tel pour avoir un cocktail explosif de propriétés médicinales !

6 – Trop gourmand (e) tu ne seras pas

Avant de partir à la chasse au Coquelicot (ou tout autre plante que tu souhaites intégrer dans ton herboristerie maison), assure-toi de faire le point sur tes besoins réels.

Combien de plantes dois-tu ramasser pour couvrir tes besoins du moment ou en cours d’année ? Quelle partie de la plante doit tu cueillir  ? En effet, pas besoin de ramasser 10 kilos si ce n’est que pour en utiliser 500 g ! Ou de cueillir la plante entière (racine inclue) alors que seule la fleur aurait suffit.

N’oublie pas en revanche que le poids de la plante fraîche pèse environ 10 fois plus que le poids de la plante sèche. A toi de savoir ramasser avec parcimonie, en te limitant uniquement à ce dont tu ce que tu vas vraiment utiliser.

Il vaut mieux cueillir en petite quantité au départ, et à bien apprendre à utiliser et doser la plante de façon efficace, que de cueillir beaucoup, de mal sécher la récolte et de tout jeter…

7 – A la bonne période tu récolteras

Les plantes ont toutes un cycle de vie différent. Ainsi, toutes les plantes ou parties de plantes ne se récoltent pas à la même saison.

Il ne te viendrait pas à l’idée par exemple d’aller ramasser du raisin au mois de mai, ni de cueillir des fraises en octobre ! Et bien pour les plantes médicinales, c’est exactement la même chose.

Selon ce que tu souhaites cueillir, il te faudra donc choisir de partir en balade à la bonne saison ! Si tu ne sais pas à quelle saison cueillir telle ou telle plante, tu peux bien évidemment t’aider de mon Calendrier des récoltes, juste ici.

8 –Cueillir les plantes protégées tu t’abstiendras

Avant de cueillir une plante, renseigne-toi pour savoir si celle-ci est protégée ou non.

La plante peut être protégée au niveau national (interdite de cueillette sur tout le territoire), régional (interdite de ramassage en PACA mais pas en Auvergne-Rhône-Alpes), départemental ou communal. Tu peux trouver facilement ces informations sur le site de l’INPN, ou de https://www.tela-botanica.org en tapant dans la barre de recherche le nom de la plante (en latin) et en cliquant sur l’onglet « statut » à gauche de la fiche de description.

Tu y trouveras son statut règlementaire (arrêtés, articles de loi…) associé aux interdictions, ainsi que son statut de conservation (favorable, défavorable).

Veille toujours à connaître le statut règlementaire de la plante, d’une part pour éviter de te prendre une amende, et d’autre part, pour éviter de décimer les dernières stations d’une plante rare…

9 – Avec respect tu cueilleras

Tu as trouvé LE spot de tes rêves et un magnifique champ de Mauve te tends les bras ? Alors tu peux commencer ta récolte.

Avec délicatesse, cueille la partie qui t’intéresse avec un couteau bien affuté. Surtout pas d’arrachage sauvage ! Il faut être précis et attentif, de manière à ce que la blessure réalisée sur la plante cicatrise et ne soit pas vecteur de champignons.

Dépose délicatement ta récolte dans ton panier, ton sac en tissu ou en papier en veillant à bien séparer les différentes plantes entre elles (pour pouvoir les séparer plus facilement, et ne pas te tromper lors du séchage et stockage).

Une fois la récolte terminée, ne la range pas dans ton sac à dos et évite de la placer là où elle pourrait être écrasée par quelqu’un, ou quelque chose.

10 – Ta récolte tu stockeras

A ton retour, prépare tes remèdes de plantes fraîches dans la foulée, ou mets directement à sécher les plantes que tu souhaites conserver dans la durée.

Inutile de te dire que si tu les empile dans un coin sans t’en occuper, celles-ci finiront par pourrir et seront inutilisables !

Pour sécher tes plantes, veille à choisir les plantes saines et non flétries. Retire les feuilles mortes, les brindilles, la mousse.

Puis, fait des petits bouquets de plantes, puis accroche les tête en bas dans un endroit chaud, sec, abrité de la lumière et bien aéré.

Tu peux aussi couper les parties de la plante que tu souhaites conserver, puis de les disposer à plat en une seule couche sur des claies ou des cagettes en bois empilées, toujours en séparant les différentes plantes et parties de plantes entre elles.

Une fois tes plantes sèches, stocke les dans un bocal en verre teinté avec un bouchon en liège, ou bien dans des sachets de papiers kraft. Étiquète tes pots et tes sachets avec le nom de la plante, le lieu et la date de récolte.

Retient également que les plantes à tisane ne se conservent pas plus d’un an.

Alors ça y est, la cueillette n’a plus aucun secret pour toi ?

Dans ce cas…

A vos serpes !

Prêts ?

Partez !